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Un David Byrne brillant au Métropolis

par Jean Email

Quand la vague new wave est passée, dans les années fin-70, début-80, je baignais sur d'autres rives. Je voyais bien les collègues de CIBL tripper sur Talking Heads et cie mais cette musique passait mal à l'émission du matin que j'animais alors. Et c'est encore la chanson québécoise qui m'intéressait le plus à l'époque, malgré la chute sinon l'effondrement qu'elle était en train de subir.

Tout ça pour dire que j'étais passé à côté de David Byrne, chanteur des Talking Heads devenu chanteur soliste. J'avais beaucoup écouté son collaborateur Brian Eno dans des créations précédentes (Another Green World, 1975, ou The Essential Fripp And Eno avec Robert Frip, ex-King Crimson, aussi en 1975). Je me suis donc intéressé de près à ce nouvel album qu'Eno vient de produire avec David Byrne, Everything that happens will happen today, dont je vous parlais récemment.

David Byrne - Métropolis 2008-10-30 (Photo: Jean Lalonde)
David Byrne - Métropolis 2008-10-30 (Photo: Jean Lalonde)

Et tout ça pour en venir au spectacle que David Byrne présentait au Métropolis cette semaine: un spectacle brillant. Pas seulement brillant à cause du look Classels de Byrne (pardonnez-moi cette comparaison facile), mais surtout à cause de l'amalgame très senti entre la musique et la danse. On voit rarement une telle mise en scène dans un spectacle rock. Et c'était beau de voir le principal intéressé aussi investi dans sa gestuelle que dans sa musique.

David Byrne - Métropolis 2008-10-30 (Photo: Jean Lalonde)
David Byrne - Métropolis 2008-10-30 (Photo: Jean Lalonde)

En plus des six musiciens, trois choristes et trois danseurs joignaient leurs efforts pour habiter la scène et lui donner une ambiance parfois robo-technique, parfois sensuelle ou rigolote.

David Byrne - Métropolis 2008-10-30 (Photo: Jean Lalonde)
David Byrne - Métropolis 2008-10-30 (Photo: Jean Lalonde)

Byrne, lui, était bien en voix pour entonner les plus grands succès de Talking Heads (dont I Zimbra) et la plupart des pièces de son plus récent album dont Strange Overtones.

David Byrne - Métropolis 2008-10-30 (Photo: Jean Lalonde)
David Byrne - Métropolis 2008-10-30 (Photo: Jean Lalonde)

Alain Brunet, sur Cyberpresse, résume bien le contenu du spectacle.

Au cours de ces deux heures superbement orchestrées, on a eu droit à un contenu énergisant et équilibré: funk, new wave, rock, folk, country, gospel; tous ces genres concourent au survol de l'existence entière de cet artiste brillant et si sympathique. Le menu est chargé de classiques et de reprises plus obscures, auxquels se greffe une bonne portion de nouveau matériel. Hormis les versions archiconnues (Houses in Motion, Crosseyed and Painless, The Great Curve, Once in A Lifetime, Heaven, Burning Down The House, Life During Wartime, Take Me to The River) et tirées d'albums aussi marquants que Fear of Music et Remain In Light, on a pu siroter Help Me Somebody, de My Life In The Bush of Ghosts, ou encore My Big Hand de The Catherine Wheel. Source: Cyberpresse

David Byrne - Métropolis 2008-10-30 (Photo: Jean Lalonde)
David Byrne - Métropolis 2008-10-30 (Photo: Jean Lalonde)

Du nouvel album, on a pu remarquer la très mélodique One Fine Day, porteuse d'espoir avec en prime une allusion directe à l'élection présidentielle de la semaine prochaine. La récente Home, qui inspire la pochette d'Everything That Happens a été interprétée comme la country folk à saveur gospelisante My Big Nurse, les très pop The River et Life is Long, ou encore I Feel My Stuff, qui comprend un mélange de jazz, de rock et tout plein d'angles audacieux. Et on ne compte pas la chanson-titre. Source: Cyberpresse

David Byrne - Métropolis 2008-10-30 (Photo: Jean Lalonde)
David Byrne - Métropolis 2008-10-30 (Photo: Jean Lalonde)

Si je peux exprimer un regret: c'est de n'avoir pas pu voir Brian Eno participer à la présentation de son album Everything that happens will happen today sur scène avec David Byrne. Peut-être est-il trop occupé ou n'aime-t-il pas l'avion? En tous cas, cela aurait été bon...

En terminant, quelques uns des nombreux extraits vidéos du spectacle de Byrne qui foisonnent sur YouTube: I Fell My Stuff (de son dernier album) qui montre bien Byrne s'intégrer à la chorégraphie, malgré le plan un peu trop rapproché pour faire apprécier l'ensemble...

... et ce vieux succès de Talking Head, I Zimbra. Voyez d'autres vidéos de ce fan qui ne s'est pas gêné pour pointer sa caméra bien en face Byrne!

Et si vous préférez une vue d'ensemble, cet extrait d'un autre succès des années '70 capté du balcon du Métropolis: Life during wartime.

 
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