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Raymond Berthiaume, la voix de velours du Québec, s'éteint

par Jean Email

Mardi dernier, on apprenait le décès du chanteur à la voix de velours Raymond Berthiaume. Il est mort du cancer à l'âge de 78 ans. Celui que l'on a souvent comparé aux crooners Mel Torme et Nat King Cole a connu la gloire dans les années 1950 et 1960 pour se faire quasiment oublier ensuite.

En 1948, Raymond Berthiaume fait la connaissance de Roger Gravel et Fernand Thibeault avec qui il forme les Three Bars. Au départ, le trio se veut instrumental, avec un style cocktail lounge très marqué. Lorsqu'un jour un patron leur demande d'ajouter des chansons à leur performance, Raymond devient le chanteur de la formation. Très vite, on le surnomme La voix de velours. Dès 1952, les Three Bars connaissent le succès. Source: Radio-Canada.ca

Il enchaîne les succès, seul ou avec les choristes de talent dont il s'entoure. En voici quelques uns.

  • Un monde avec toi: son plus grand succès (dans un arrangement un peu trop synthé, mais bon...)
  • Nature Boy: très belle version de ce standard d'Eden Ahbez
  • My Funny Valentine: un autre standard du lounge, celui-là de Richard Rodgers et Lorenz Hart
  • Parle plus bas: chanson thème du film Le Parrain, musique de Nino Rota
  • Fly Me to the Moon: chanson de Bart Howard popularisée par Frank Sinatra à partir de 1964
  • La Fille d'Ipanema: le classique de la bossa nova brésilienne, musique de Antonio Carlos Jobim, avec des paroles françaises qui ne sont pas celles qu'Eddy Marnay a écrite pour Jacqueline François
  • Mon grand ballon jaune: la plus kétaine, délicieuse, appréciée même par Daniel Bélanger qui l'a échantillonnée dans le Round 3 de son album Déflaboxe.
Les Three Bars: Fernand Thibault, Raymond Berthiaume et de Roger Gravel
Les Three Bars: Fernand Thibault, Raymond Berthiaume et de Roger Gravel (source: Le Soleil de la Floride)

On le perd de vue dans les années 1970 où il s'installe en Floride. On ne le voit ni sur scène, ni à la télévision pendant plusieurs décennies. Toutefois, il demeure actif comme choriste, arrangeur musical et vocal et aussi comme compositeur. Pendant ma jeunesse, alors qu'il connaissait la popularité, Raymond Berthiaume appartenait, selon mon catalogage des genre de l'époque, à la musique kétaine. Il a refait surface à Montréal vers le milieu des années 1980. J'étais technicien à CKVL quand il est venu donner une entrevue à l'un des animateurs de l'époque.

À ce moment, j'ai aimé réentendre ses chansons. La nostalgie opérant, les pièces du répertoire kétaine ont le don de nous plaire après de longues années dans l'ombre. Mais, peu à peu, la nostalgie a fait place à une réelle appréciation pour sa voix et de sa façon d'interpréter les standards de la musique cocktail lounge... A moins que je ne sois moi-même devenu un peu kétaine, ce que je ne pourrais nier :-)

Raymond Berthiaume (vers 2008)
Raymond Berthiaume, vers 2008 (source: Avenir de l'est)

Il y a environ un an, on lui rendait hommage au Théâtre Denise-Pelletier de Montréal, dans l'est de Montréal. On soulignait ses 60 ans de métier. J'ai lu que c'était le premier hommage qu'on lui rendait, à 77 ans!

Une bonne trentaine d’artistes sont venus, tour à tour, faire étalage de son talent de chanteur-arrangeur-musicien-parolier-choriste et de leur profonde admiration pour l’homme. Âgé de 77 ans, il est toujours actif et il vient tout juste d’enregistrer un nouvel album, son 18ième en carrière. Roger Sylvain l’a baptisé « La Voix de Velours du Québec » et il a bien raison. Source: Le Soleil de Floride

En terminant, cette vidéo tournée en 2008 lors de cet hommage. Il y interprète le grand succès de Nat King Cole, Mona Lisa.

 
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