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Douze hommes rapaillés pour Gaston Miron 

chantent Gaston Miron
Je trouve particulièrement réjouissant de voir ce CD, dont la matière première est la poésie, trôner depuis quelques semaines au sommet des palmarès de vente. Il faut dire que ce n'est pas n'importe quelle poésie mais celle de Gaston Miron, celui que l'on a qualifié de "poète oral" parce que ses textes se mettent particulièrement bien en bouche et, par extension, en musique.
Ce disque n'est pas le premier succès que connaît l'oeuvre de Miron. Au début des années 1970, la première édition du recueuil L'Homme rapaillé vaudra à Gaston Miron d'être considéré comme le plus grand poète du Québec.
Dans les années 1950, Miron publie son oeuvre par bribes dans des journaux et revues telles Liberté ou Parti pris. Les cycles poétiques de « La batèche », « La vie agonique » et « La marche à l'amour » sont rassemblés ou « rapaillés » en 1970 dans L'Homme rapaillé. Le recueil sans cesse remanié par Miron fait l'objet de sept éditions dont la dernière, avec la mort du poète, constitue la version définitive. Miron est souvent qualifié de « poète oral » : ses vers sont truffés d'expressions populaires et de québécismes et possèdent une musicalité puisque le poète les clame dans des festivals ou des spectacles.
En plus d'être un des ouvrages les plus populaires de la poésie contemporaine, L'Homme rapaillé est l'œuvre québécoise la plus lue de la francophonie, avec plus de 75 000 exemplaires vendus depuis trente ans, toutes éditions confondues. Source: Radio-Canada Archives
Un dernier mot sur Miron avant de parler du disque Douze hommes rapaillés, je vous suggère cette entrevue vidéo sur le site des archives de Radio-Canada pour mieux connaître l'homme et ses causes, en particulier celle de la langue française qu'il défend avec vigueur pour sa beauté et aussi ses travers.
Parlons maintenant de ce magnifique album. Au-delà de la renommée de Miron, le succès de Douze hommes rapaillés s'explique aussi par ses qualités intrinsèques: les très belles compositions et la direction artistique de Gilles Bélanger, ainsi que la magnifique réalisation de Louis-Jean Cormier. La liste des douze chanteurs regroupés sur cet album a aussi de quoi toucher bien des cordes sensibles.
Je vous propose ici quatre titres de chansons que vous avez peut-être déjà entendues car elles ont d'abord été interprétées par Chloé Ste-Marie qui a déjà endisqué plusieurs poèmes de Gaston Miron.
- Je marche à toi (Yann Perreau)
- Mon bel amour (Jim Corcoran)
- Au sortir du labyrinthe (Vincent Vallières)
- Ce monde sans issue (Daniel Lavoie)
Ces pièces plairont à ceux qui reconnaîtront les airs popularisés par Chloé. Les voix masculines donnent ici une toute autre dimension à cette nouvelle mouture. D'une certaine façon, elles rapprochent les mots de leur auteur (sans rien enlever à Chloé, loin de là).
Les autres chansons en sont (à ma connaissance) à leur première incarnation chantée. Quelques écoutes suffisent à en révéler tout le charme. Mes préférées...
- La route que nous suivons (Louis-Jean Cormier)
- Je t'écris pour te dire que je t'aime (Michel Faubert)
- Désemparé (Plume Latraverse)
- La mémorable (Michel Rivard)
- Art poétique (J'entends votre paix) (Martin Léon)
J'ai aussi aimé Pour retrouver le monde et l'amour par Richard Séguin et Poème dans le goût ancien (La vie s'en va) confiée à Pierre Flynn. Reste la douzième, Parle-moi, celle que s'est réservé le compositeur et directeur artistique Gilles Bélanger. Si elle est l'une des plus belles au plan de la mélodie et de l'arrangement, elle souffre un peu la comparaison au niveau du chant. Faut dire que Bélanger s'est entouré de chanteurs de forte pointure.
Parmi le concert d'éloge pour ce disque, citons cette blogueuse:
Je suis complètement gaga des 12 hommes rapaillés de Gaston Miron, le tout récent album où 12 chaudes voix d’hommes encensent 12 poèmes. Complètement subjuguée par cette œuvre, la poésie m’en semble encore plus exaltée, si c’est possible, et je l’écoute au minimum deux fois par jour. Et toutes les autres fois que je ne l’écoute pas, c’est parce que je me retiens ! Source: Le Passe-mot de Venise

S'en suit une belle discussion comme on aimerait en lire plus sur les blogues (et un jour, j'espère, sur celui-ci quand vous serez plus nombreux et moins gênés...).
Je vous signale aussi:
1) un disque que je ne connaissais pas sur la poésie de Miron: Tout un chacun, Gaston Miron rapaillé par Nathalie Lessard et ses Têtes de contre;
2) sur le site Cyberscol, un dossier consacré à Gaston Miron et, plus particulièrement sur L'homme rapaillé;
3) et, à nouveau, le dossier sur Gaston Miron sur Radio-Canada Archives.
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1 commentaire
Ce soir, j'ai peu de temps, mais je vais revenir vous visiter, pour sûr !
Au plaisir !
2009-01-09 10:39:08 pm, 
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